MADAGASCAR - Actions de développement durable
Invitation à venir découvrir la Côte Est de Madagascar et participer au développement durable de Manompana, Baie de Tintingue, en face de l'Ile Sainte-Marie.



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Système d'optimisation des rendements rizicoles adapté (suite)


LE S.R.I

 

Système de Riziculture Intensive.

 

 

Le Père Henri de LAULANIE, ingénieur agronome à Madagascar de 1961 à 1995 est à l’origine de cette nouvelle approche de la culture rizicole à Madagascar. Intégrant les techniques traditionnelles des paysans malgaches, il a travaillé en collaboration avec des étudiants agronomes pour améliorer les possibilités de production rizicole dans le pays.

Ce système est basé sur la maîtrise de l’eau, l’apport de fertilisant naturels dans le sol et surtout, d’un nombre de sarclage 4 à 6 fois plus important que dans le système de culture traditionnel.

Le SRI a permit d’obtenir des rendements de 4 à 10 tonnes à l’hectare.

L’utilisation de fertilisants chimique, de pesticides ou de nouvelles variétés n’est pas nécessaire pour obtenir de tels rendements.

Le seul problème de cette technique est la multiplication du temps de travail (x4) par rapport au système de riziculture actuel et les besoins énormes en fertilisants (minimum 6 tonnes par hectare).

LE S.O.R.R.A

 

Système d’optimisation des rendements rizicoles adapté.

 

 

L’objectif de l’actuel projet est d’arriver en premier lieu à une production de 2 tonnes/riz/hectare. Même si cela parait un objectif faible cela doublerait la production actuelle sans que cela demande le double de travail.

Une fois cet objectif atteint il sera possible de travailler sur de plus gros rendements, et de passer aux étapes suivantes (circuit de commercialisation du riz , rotation des cultures, deuxième récolte…)

Doubler la production actuelle permettra d’assurer l’autosuffisance alimentaire et l’arrêt de la perte des terres au profit des accapareurs !

 

Ce système reprend certains aspects du S.R.I (maîtrise minimum de l’eau, ajout de fertilisants organiques) mais prend en compte le facteur temps de travail et applique les principes de l’agriculture naturelle de Manasobu Fukuoka (voir annexe).

La relation avec leur environnement qu’entretiennent les paysans de la région de Manompana est complexe et quasi hermétique aux étrangers, mais elle s’accorde magnifiquement aux principes de Mr Fukuoka.

Pour résumer, Mr Fukuoka a consacré plus de cinquante années de sa vie à comprendre comment appréhender l’agriculture comme une association entre l’homme et la nature. Il considère que le cycle de germination, croissance, et mort des végétaux est intimement associé à tous les éléments et êtres vivants qui l’entoure. Que la terre n’est pas une matière inerte, mais bien un organisme à part entière et que la meilleure façon de la cultiver est de s’adapter plutôt que de vouloir la maîtriser.

Il n’est plus à revenir sur la faillite des systèmes agricoles modernes qui ont lessivés les sols et pollués les nappes phréatiques. C’est un fait acquis, et les générations à venir payeront le prix de ces erreurs.

Madagascar, pays pauvre, dispose de suffisamment de surface arable saine pour pouvoir sereinement, non seulement assurer son autosuffisance alimentaire, mais aussi devenir rapidement le premier pays africain exportateur de riz.

Pour cela il faut adapter un système aux contraintes spécifiques de ce pays incluant les traditions et la capacité en énergie humaine.

L’impaludation quasi-totale de l’ensemble de la population est un facteur très important et trop souvent ignoré.

Le mora-mora, ou rythme de vie lent, qui fait souvent sourire les occidentaux est une adaptation de l’homme face à son élément. Le virus du paludisme, en sommeil dans le foie se réveille aussitôt (sous la forme de crise) lorsque l’organisme est fatigué, si l’effort physique dépasse la réserve énergétique propre à chaque individu.

Il est donc inconcevable de vouloir optimiser les rendements par une surcharge de travail. La mécanisation n’est pas non plus un bon concept si l’on veut un développement durable (coût des matériels, carburant, entretien…)

Notre rencontre avec Mr Michel Bonnet, pionnier de la fabrication de compost lombriqué nous a amener à l’élaboration de ce système :

-Travailler avec le riz adapté naturellement.

 

- Ne pas être tributaire de semenciers. (semences issues des récoltes)

 

- Pratiquer une gestion de l’eau :

Travaux d’irrigation minimum en système de travail collectif. Canaux extérieurs et rigoles de drainage intérieur.

Laisser la rizière sans eau pendant 8 à 10 jours après le repiquage (meilleure adaptation racinaire).

Provoquer un stress hydrique (par assèchement de la rizière) 15 jours avant la récolte. (Effet de stockage de l’amidon).

 

 

- Semer moins : Diverses expérimentations, à Madagascar et dans les pays asiatiques, ont démontré que les plants de riz trop nombreux sur une surface donnée avaient tendance à se faire concurrence. Plus le nombre de plant est grand moins il y a de grains par épi (tallage). Un repiquage respectant un espace de 25cm entre les plants permet un tallage plus grand et un rendement meilleur.

Cela a l’avantage de réduire la quantité de semence, effet non négligeable dans un pays ou chaque grain compte. (un essai en semis direct à généré un rendement x 1,5 – campagne 2007)

 

- Apport de fertilisant : réduire au strict nécessaire le volume en appliquant un système de pralinage des plants de riz au moment du repiquage. Cela fait passer le besoin en apport de 6 tonnes à 500kg par hectare.

 

- Pas de sarclage supplémentaire :

L’avantage d’ajout de compost lombriqué par pralinage des plants permet un développement concentré sur le riz et non pas sur l’ensemble des plantes autochtones de la rizière. Il n’est donc pas besoin d’effectuer de sarclage supplémentaire (meilleure approche en ce qui concerne le facteur énergie humaine).

- Meilleure résistance aux parasites du riz :

Le compost lombriqué est exempt de micro-organismes nocifs à la culture du riz. Le processus de digestion par le lombric des végétaux permet l’élimination totale de ces micro-organismes. Donc, pas de besoins en pesticides. (Dans notre calcul de surcharge de travail nous n’avons pas inclut cet aspect, nous attendons d’avoir des indicateurs de mesures plus complets pour affiner ce tableau, nous pensons arriver à terme à une baisse du temps de travail par rapport à la culture traditionnelle).

 

- Force du fertilisant et provenance : Le meilleur fertilisant organique est le compost lombriqué. (études et résultats disponible auprès de Mr Bonnet : publicomichel@orange.fr).

Sa fabrication ne demande aucune mécanisation, tous les éléments nécessaires se trouve sur place et sont gratuits.

 

- Conditions de fabrication de compost lombriqué : Chaleur ambiante minimum 20 degrés, humidité constante, oxygénation régulière.

Les conditions sont optimum à Madagascar.

 

- Lombric le plus performant : L’oesénia faetida. 

Cest celui que l'on trouve à Madagascar.

 

 

fabrication du compost lombriqué

 

 

La présence sur place de Mr Michel Bonnet, professionnel et pionnier de ce produit en France, nous a permit de donner toutes les explications et astuces pratiques pour adapter de manière efficace la fabrication de ce compost à Manompana : Identification des végétaux les plus appropriés, modalité de fabrication.

Le compost a été mis en place sur une parcelle de rizière de référence.

Une pouponnière de lombric (Oesénia Faetida) a été préparée : une surface de 2m2 constituée d’un fond d’humus endémique de 15 cm de hauteur (récupération dans le sous bois), sur laquelle a été superposée une deuxième couche de 35 cm constituée d’un mélange de feuilles mortes-60%-, d’excréments de zébu-30%-, les 10% restant étant composés d’épluchures, 2 vieux journaux, 1 carton usagé et des résidus de marc de café. Les premiers lombrics qui sont voués à se reproduire ont été ramassés dans le sous-bois. Cette parcelle a été copieusement arrosée pour la mise en route du processus. L’hydrométrie naturelle de la région permet de ne pas se préoccuper du taux d’humidité par la suite. Un abri rudimentaire à base de feuilles de « ravinala » l’arbre du voyageur, permet d’éviter le dessèchement lors des ensoleillements excessifs.

Dans le même temps un tas de résidus végétaux a été préparé en sous bois au bord de la rizière. Sa composition est la suivante : 6m3 de végétal (toutes les feuilles et végétaux non ligneux disponibles sur place), 2m3 d’excrément de zébu. La seule contrainte dans la fabrication de ce compost étant de le retourner en le déplaçant tous les dix jours (oxygénation).

La pouponnière sera dédoublée au bout de 45 jours, toujours sur le même principe de composition. Un mois et demi plus tard, il sera prélevé 3m2 de cette parcelle grouillante de lombrics, qui seront directement ajoutés au compost en gestation.

Le temps nécessaire à la fabrication du compost et la période de repos de la rizière étant le même (3 mois), (récolte juin-repiquage octobre), le calendrier d’exécution est donc pratique (démarrage du compost après la récolte).

Cette technique permet d’obtenir un compost lombriqué de qualité exceptionnelle d’une valeur de 500 kg. Nos calculs ont été fait sur la base d’un apport de 10g de compost par plant repiqué. Un pralinage simple (dans le creux de la main) lors du repiquage sera la dernière étape.

 

Calendrier du compost lombriqué :

 

 

(Pour un produit fini de 500kg/hect/personne) (¤ = jours de travail)

 

Le pralinage est inclu dans le geste de repiquage.                                                    

 

 

 

Juillet

Août

Sept

Préparation pouponnière

¤

¤

 


Préparation compost

¤

 

¤

 


oxygénation

 


¤¤

¤¤¤

¤¤¤






 

La surcharge de travail est donc de 12 jours. (+ geste supplémentaire lors du repiquage pas encore quantifié)

 

Le S.O.R.R.A se résume en quelques mots, travaux minimum d’aménagement des rizières pour maîtriser l’eau (maintenir un niveau d’humidité constant et ne pas noyer les plants, stress hydrique en phase finale de maturation), apport de fertilisant organique (compost lombriqué), plants espacés de 25 cm lors du repiquage.

Simple, mais efficace.

Notre approche communautaire sera de donner l’exemple sur une parcelle appartenant à un agriculteur âgé et respecté, capable d’assumer le risque du changement, sans remettre en cause les traditions !

 

Les essais en cours laissent entrevoir la possibilité de multiplication minimale par 2 des rendements actuels avec une surcharge de travail de 20%.

Sans effet d’appauvrissement du sol.

D’autres perspectives sont définies (apport d’azote par ajout d’algues, apport de légumineuses, couverture intermédiaire de trèfle ladino, semis en direct, réduction progressive de la taille des plants…), mais nous voulons faire simple pour commencer. Afin de pouvoir s’adapter plus facilement au système traditionnel.

Nous vous donnons rendez-vous dans un an, pour vous démontrer par l’exemple l’efficacité attendue de ce procédé.

Toute personne désirant faire l’essai de cette technique ou voulant la diffuser sera bienvenue et encouragée.

 

Un remerciement spécial pour Mr Michel Bonnet, qui a bien voulu venir sur le terrain à Manompana afin d’adapter cette technique de compost lombriqué, et qui nous a fait bénéficier de son expérience personnelle pour la conceptualisation finale de ce projet. Nous avions identifié tous les problèmes, il nous a apporté la solution.

 

Annexe :

 

Pour ceux qui veulent avoir une approche plus pointue sur ce concept :

 

Lecuivre Nicolas.

Les paysans malgaches et leur monde naturel. Univers visible et invisible des Betsimisaraka de Manompana. Université de Liège. Faculté de philosophie et lettres. Département des Arts et Sciences de la Communication. Option Anthropologie et médiation culturelle. Année académique 2005-2006.

 

Masanobu Fukuoka.

L’agriculture naturelle. Théorie et pratique pour une philosophie verte.

Guy Trédaniel éditeur. Editions de la Maisnie. 76, rue Claude-Bernard 75005 Paris.

 

Mangalaza Eugène-Régis.

Vie et mort chez les Betsimisaraka. Essai d’anthropologie philosophique, Paris, édition l’Harmattan, 1998.

 

Bruno LOSCH.

Les agriculteurs des zones tropicales humides : Eléments de réflexion pour l’action. CIRAD, 1996.

 

http://www.freewebs.com/voyageamadagascar

http://www.fao.org

 


Publié le 23/06/2008 à 06:12, dans Rendement rizicole,
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