MADAGASCAR - Actions de développement durable
Invitation à venir découvrir la Côte Est de Madagascar et participer au développement durable de Manompana, Baie de Tintingue, en face de l'Ile Sainte-Marie.



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énergies renouvelables

Recherche d’alternatives au bois de cuisson.

Commune rurale de Manompana.

Madagascar.

 

Le constat d’une obligation de trouver des alternatives au mode de cuisson traditionnel, (kitay) bois sec, est dorénavant acquis pour l’ensemble de la population de Manompana.

Entre 1991 et 2007 la distance parcourue par les villageois pour se procurer ce combustible est passée de 1 km à 10 km en moyenne.

Les alentours du village se sont vus dépouillés de tous les arbres disponibles (hormis les fruitiers et les zones privées). Les arbres de la mangrove ont été les premiers à disparaître, la prise de conscience collective de leur rôle stabilisateur sur la frange littorale et modérateur des grandes marées a été accentuée par le cyclone de 2002.

 

Cet évènement, (montée des eaux et perte de quelques mètres de terre dans le village), a prouvé par l’exemple la pertinence des discours distillés depuis une dizaine d’années.

De nombreux villageois sont venus nous dire que nous avions eu raison d’être intransigeants en ce qui concerne l’abattage du bois sur la pointe Tintingue, (cette interdiction ferme ne fut pas aisée et nous avait attiré de nombreuses inimités), car la fonction protectrice de la presqu’île par rapport au village leur est apparu de manière claire et concrète.

 

 

Cette prise de conscience, (essentielle pour initier une réflexion communautaire), permet de pouvoir envisager une action de reboisement impliquant l’ensemble de la population. C’est un point positif. Mais il faudra attendre au minimum quinze ans avant qu’une utilisation de ces plantations soit effective. Les besoins sont quotidiens (cuisson du riz), il s’agit donc d’un problème crucial et urgent.

 

  • Quelles sont les solutions possibles ?

-Charbon de bois.

-Gaz.

-Energie solaire.

-Energie éolienne.

-Réduction du besoin énergétique.

 

  • Quelles solutions réalisables ?

-Charbon de bois :

 

Pour commencer, cette solution de transition peut permettre de donner le temps aux autres solutions de se mettrent en place.

Pour cela il faudra acheter le charbon de bois, (en étant conscients que nous ne faisons que déplacer le problème. L’origine de ce charbon de bois est fatalement le résultat d’un abattage). Pour pouvoir payer ce charbon de bois il faudra débourser de l’argent, (jusqu’ici le combustible était gratuit), il est donc nécessaire de trouver une source de financement.

 

-Gaz :

L’emploi du gaz est une autre solution mais nous renvoie automatiquement au même problème de coût.

Il existe aussi la possibilité de récupérer le méthane domestique (issu de fosses septiques). C’est une méthode employée par la Chine, des essais probants ont été réalisés en Afrique (prison et université de Kigali). Travailler sur cette idée nous paraît très porteur car cela aurait l’avantage de résoudre en même temps le problème de l’assainissement. Nous avons fait des demandes d’informations mais jusqu’ici nous n’avons eu aucun retour. Nous sommes en contact avec un ingénieur français qui devrait venir un an sur place pour faire un test, nous espérons que cela va se faire !

Il y aura aussi un gros travail de sensibilisation (rapport entre les excréments et la nourriture), mais nous comptons sur l’exemple pour faire accepter l’idée.

 

-Energie solaire :

Cette solution est la plus rapidement adaptable à Manompana. L’ensoleillement annuel le permet, (même s’il faudra intégrer le facteur pluie). Les cuiseurs solaires fonctionnent déjà

aux quatre coins de la planète, des études ont été faites, des prototypes adaptés sont disponibles, il en existe à Madagascar. Reste à régler le problème du coût et de la fiabilité.

Nous sommes persuadés qu’il est possible de fabriquer des cuiseurs avec des matériaux de récupération.

Nous avons fait des recherches dans cette direction et nous avons la chance d’avoir rencontré (sur internet), un enseignant français, (jac.ducret@tele.2.fr) sensibilisé au problème de la déforestation, qui a fabriqué un prototype et qui viendra le mettre en place à Manompana au mois de juillet 2007. Nous comptons le construire sur le terrain de l’école maternelle (visibilité de l’ensemble du village et intérêt didactique par l’exemple). Nous espérons beaucoup de cet essai, car nous croyons fortement au réel potentiel des cuiseurs solaires. Le gros avantage étant la possibilité de pouvoir fournir une énergie de substitution gratuitement, (si l’essai est concluant nous ferons en sorte de trouver les matériaux, le mode de fabrication sera enseigné aux villageois).

Equiper de fours solaires les boulangers du village sera le thème d’une autre étude, la consommation en bois de ces boulangers étant non négligeable.

Après le passage de Mr Ducret, le constat est qu’il faut adapter un nouveau système de fabrication pour la parabole solaire (les premiers essais en matériaux du pays n’ont pas été concluants). Heureusement, Mr Ducret ne lâche pas l’affaire et nous revient courant juillet 2008 avec un nouveau système et de plus, accompagné d’un collègue spécialisé dans la fabrication de Biogaz !

 

 

-Energie éolienne :

Le régime d’alizé dont bénéficie la région de Manompana permet d’envisager la solution éolienne. Nous avons fait des recherches pour réduire les coûts de fabrication au minimum et sommes arrivé au constat que cette alternative est possible. Il faudra néanmoins l’appui technique de personnes compétentes et l’achat de certaines pièces est incontournable, mais cela reste une solution réalisable. Nous continuons nos recherches pour réduire encore les coûts et prévoyons le premier essai d’ici la fin de l’année. Grâce à Charles Jacob, jeune ingénieur de 25 ans qui est venu donner cinq mois de son temps pour vérifier la faisabilité d’une éolienne entièrement faite avec des matériaux de récupération, la première éolienne est maintenant construite (mars 2008). Son coût de fabrication ne dépasse pas 100€.

 

 

-Réduction des besoins énergétiques :

La cuisson du riz représente 90% des besoins énergétiques de la population de Manompana (hors besoins des boulangers), il est possible de réduire cette demande en optimisant les récipients de cuisson.

Les récipients traditionnels (vilany : marmites en aluminium), sont beaucoup moins performants qu’une cocotte minute. Il suffirait de pouvoir équiper chaque foyer d’une cocotte minute pour réduire la demande énergétique d’au moins 50% (voire plus). Cela nécessite l’achat des cocottes et une acceptation de ce changement par la population, nous n’avons pas de solution immédiate pour l’achat, mais en ce qui concerne l’acceptation de la nouveauté nous sommes confiants. Nous avons doté une famille de planteurs d’une cocotte minute, pour la cuisson des grains (les haricots sont achetés secs et demandent un long temps de cuisson), une fois la technique de cuisson comprise cette famille nous a fait part de l’économie de bois que cela génère. Leurs voisins ont exprimés le désir d’en acheter. Il suffirait que l’on arrive à proposer un bon prix de vente pour que l’emploi de cocottes se généralise. Doter l’ensemble de la communauté de cocottes minutes réduirait la consommation en bois de cuisson de 50%, c’est énorme !

 

Conclusion :

 

Si nous arrivons à coupler dans un premier temps : (énergie solaire et énergie éolienne) + (cocottes minute) et que nous pouvons proposer ces solutions à un coût raisonnable, ensuite dans une deuxième phase, réaliser la récupération du méthane domestique, il y a de grandes chances pour que l’accession à une gestion durable des besoins énergétiques devienne une réalité.

Cela aura un impact direct sur la déforestation, accélérera la prise de conscience collective de la possibilité de trouver des solutions à un problème identifié et encouragera la réalisation d’autres actions.

Solution au problème énergétique + reboisement + optimisation des rendements rizicoles + plu value sur les produits locaux = possibilité réelle de développement durable à Manompana.




Publié le 23/06/2008 à 06:20, dans Energies renouvelables,
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